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Comme des bêtes : L’interview de Judith Sibony

septembre 24, 2014 11:32 by: catégorie:Actualités, Nouvelles Ecritures Commentaires2 A+ / A-

« Comme des bêtes » raconte comment, en prenant l’animal pour partenaire de scène, l’homme apprend à mieux écouter son instinct et celui d’autrui.

A l’occasion de la sortie du web-documentaire, l’équipe de Plateau télé est allée interviewer Judith Sidony, l’auteur du projet.

- A voir sur Commedesbetes.fr (Sortie le 24 septembre) -

comme des bêtes

Interview de Judith Sibony : 

1 – En quelques mots, pouvez-vous nous expliquer de quoi parle « Comme des bêtes » ?

C’est une immersion dans l’univers de danseuses et performeurs dont les partenaires de scène sont des animaux. D’un côté (côté ciel), j’ai suivi les pas du chorégraphe Luc Petton qui crée des ballets pour danseuses et oiseaux. Et de l’autre (côté terre), j’ai suivi le travail que mènent Camille et Manolo au Théâtre du Centaure, un lieu unique en France où ces deux artistes développent une fusion à la fois affective et artistique avec leurs chevaux. Au gré de son parcours dans le webdoc, l’internaute va découvrir que cette rencontre avec l’animal est d’abord une expérience privilégiée d’écoute de l’autre.

 

2 – Comment est né ce projet ?

L’idée d’un travail documentaire sur la relation entre artistes de scène et monde animal m’est venue après la découverte du travail de Luc Petton au Théâtre National de Chaillot en juin 2012. Il venait de créer Swan, un ballet extrêmement original pour danseuses et cygnes. Je m’attendais à voir des numéros de dressage, j’ai au contraire observé des cygnes en liberté et des danseuses qui, elles, semblaient complètement imprégnées par la présence des cygnes. Sans pour autant les imiter, elles dansaient comme si elles étaient sous l’influence de ces oiseaux. J’ai senti qu’il se jouait là quelque chose comme un travail d’écoute et de projection de soi dans l’autre. Et j’ai voulu en savoir plus.

 

3 – Pourquoi avoir choisi le format du webdoc ?

Précisément parce que l’histoire que je voulais raconter relevait de l’expérience, du sensoriel, du non-verbal. Pour en rendre compte pleinement, il me fallait sortir des codes habituels du documentaire. Le webdoc est nouvelle forme d’écriture à la fois plus libre, plus ludique, plus instinctive aussi, évidemment. Pour l’enquête que je voulais mener, et surtout pour l’expérience que je voulais faire vivre au spectateur (et plus précisément à l’internaute), cette forme s’imposait d’elle-même.

 

4 – Pourquoi avez-vous eu envie de proposer une expérience sensorielle et interactive ?

C’était le grand plaisir du développement de ce web-documentaire : explorer tout ce que permet l’interactivité pour pouvoir donner une idée concrète de l’expérience des artistes que j’ai suivis. Danser avec des oiseaux ou des chevaux est évidemment une aventure éminemment sensorielle, et tout le défi (et le jeu) consistait à traduire, sur un écran, ce que peut être l’odeur d’un cygne sur le plateau, la douceur d’une crinière après la danse, l’importance du rythme d’un pas animal, l’impact du sucré ou du salé dans une relation homme-animal… Petit à petit, je me suis rendu compte que la matière dont je disposais permettait d’organiser le parcours de l’internaute en cinq chapitres qui correspondent tout simplement à nos cinq sens…

 

5 – Combien de temps vous a pris la création de ce projet, de l’idée à la mise en ligne ?

J’ai proposé cette idée à Boris Razon en septembre 2012, c’est-à-dire il y a tout juste deux ans. Outre le développement de toute l’écriture interactive et sensorielle qui fait la spécificité de Comme des bêtes, j’ai suivi le travail de Luc Petton avec ses nouveaux oiseaux (des grues de Mandchourie) depuis leur gestation dans l’œuf. J’étais présente aux principales étapes d’imprégnation ; j’ai eu la chance de pouvoir passer du temps avec tous les artistes, de rencontrer les Centaures (Camille et Manolo) qui ont considérablement nourri mon exploration. Et puis parallèlement à l’écriture de toute cette narration, les tournages et le montage des films, sont intervenus ces autres artistes (de la technologie et de l’interactivité) que sont les développeurs (Dominic Mercier et Thomas Lobjoie), le producteur interactif (François Le Gall), le directeur artistique (Grégory Mignolini)…

 

6 – Quelle a été la plus grosse difficulté que vous ayez rencontrée autour du projet ?

Paradoxalement, si le net est le royaume des vidéos animalières, ce n’est pas évident de convaincre des artistes qu’on peut traiter de façon « sérieuse » leur relation à l’animal. J’espère y être parvenue… Mais cela n’allait pas de soi d’emblée.

 

7 – Y a-t-il eu des imprévus sur le tournage avec les animaux ?

J’ai une peur bleue des animaux en général… C’est peut-être pour cela, aussi, que le sujet du lien artistique à l’animal m’intéressait. En tout cas, j’avoue ne pas toujours avoir été très à l’aise avec les animaux pendant les tournages, même si j’ai appris à les connaître peu à peu. Au début, même lorsqu’un bébé grue voulait grimper sur moi pendant une interview, je n’étais pas rassurée, ce qui amusait beaucoup les soigneurs. De même quand Manolo m’a demandé de tenir son cheval le temps qu’il enlève son micro comme si cela allait de soir, eh bien justement, cela n’allait pas du tout de soi… Petits imprévus anecdotiques, mais qui ont eu le mérite de m’aider à formuler certaines de mes contradictions.

 

8 – Comment avez-vous connu et pourquoi avez-vous choisi les artistes présents dans le webdoc ?

Comme je l’ai dit, j’ai eu envie d’explorer l’univers de Luc Petton aussitôt après avoir vu son spectacle Swan. Je l’ai contacté dès la première phase d’écriture de mon projet. Quant au Théâtre du Centaure, la rencontre a été plus tardive, mais elle s’est imposée comme une évidence, car en matière de création scénique contemporaine centrée sur les chevaux, ces artistes représentent de loin ce qui se fait de plus intéressant et de plus profond.

 

9 – Quel est votre performance préférée ?

J’aime tout ce qu’ils font, et je dirais même que j’aime autant les voir répéter que les voir sur scène.

 

10 – Vous dites dans la bande annonce du web-documentaire que « la découverte de ces territoires de l’art et de l’instinct finira par nous éclairer sur nous-mêmes ». Pouvez-vous nous en dire plus ? Qu’avez-vous appris sur vous-même au cours de cette expérience ?

Tout le parcours du webdoc est construit sur l’idée que danser avec un animal exige une capacité d’écoute totale. Une écoute qui ne passe pas par le langage ni par les codes sociaux habituels mais qui repose entièrement sur l’instinct. Se plonger dans cet univers-là et accepter de « jouer le jeu » représente donc une occasion rare de sortir de soi et de se découvrir autrement. Par exemple, au fil des expériences, j’invite l’internaute à tester sa capacité d’écoute de l’animal, à interroger son désir d’adopter le point de vue d’une danseuse ou d’un oiseau, à réfléchir sur ses a priori concernant le dressage ou sur la nourriture qu’on donne aux animaux… Ces expériences ne sont pas des tests mais plutôt des jeux sensoriels destinés à nous interpeller sur nos propres réactions, nos choix, nos inclinations… Sans entrer dans le détail ici de peur d’ennuyer vos lecteurs, je peux en tout cas affirmer que toutes ces expériences ont été inventées à la lumière de ce que j’ai moi-même découvert de mon rapport à cette altérité radicale que représente l’animal.

 

Site Internet : commedesbetes.frcomme des bêtes interview judith sibony

« Comme des bêtes » est un web-documentaire de Judith Sibony, co-produit par la Balina films et francetv nouvelles écritures.

L’équipe Plateau Télé remercie chaleureusement Judith Sibony pour sa collaboration et lui souhaite une bonne continuation. 

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